FRANKENSTEIN

Frankenstein

ou le Prométhée moderne

théâtre    •    vidéo

Victor Frankenstein, scientifique genevois, est recueilli sur la banquise par un équipage faisant route vers le Pôle Nord. Très tourmenté, il livre son histoire au capitaine du bateau : quelque temps auparavant, il est parvenu à donner la vie à une créature surhumaine. Mais celle-ci sème bientôt la terreur autour d’elle...

Frankenstein est un Prométhée, un Faust modernisé qui touche au mythe de la création et à la démesure de l’orgueil humain. Le jeune savant Victor Frankenstein est un Prométhée négatif, si aveuglé par son ambition qu’il déchaîne puissances de mort et désastres. Frankenstein est aussi une parabole sur la science, son évolution et ses déviances, qui pose la question de l’hubris et de ses conséquences désastreuses pour l’humanité et son environnement.

Mais pour nous Frankenstein dépasse ces interprétations traditionnelles. Nous souhaitons rendre à l’œuvre sa dimension politique qui ouvre une réflexion sur les effacés, les sans voix, ainsi que sur la violence engendrée par la relégation et l’effacement. Mary Shelley fait parler le monstre, qui d’une part met en échec son créateur en lui donnant à regarder en face son abandon et son absence d’éducation, et d’autre part dénonce la violence de la société qui l’a précipité dans la haine et la violence. Cette plaidoirie est pour nous une défense clandestine de ceux qui n'ont pas droit à la parole. Elle fait écho au statut des femmes du 19ème siècle considérées comme mineures et dénuées de droit. Elle fait place aux victimes d’une époque bouleversée par les ruptures sociales que le capitalisme naissant a provoquées, et par la crise climatique et sanitaire mondiale de 1815-1819 causée par l’explosion du Volcan Tambora, qui provoqua famines, épidémies et flux migratoires massifs.

Frankenstein ou le Prométhée moderne fait écho à nos temps troublés par la convergence des crises de la fin de l’anthropocène. Qui est donc véritablement le monstre, le créateur ou sa créature ? La haine de la créature n’est-elle pas engendrée par la violence instituée par son créateur ? Victor Frankenstein n’est-il pas lui-même le produit monstrueux d’un système de domination dans lequel les pères ont le droit de reléguer leurs progénitures ? La violence institutionnelle du système capitaliste patriarcal ne crée-t-elle pas ses propres monstres ? Qui est véritablement le monstre aujourd’hui ?  Le capitalisme empreint d’hubris lorsqu’il se met à penser le trans ou le posthumanisme ? Ou les laissés pour compte qui par leurs révoltes tentent de faire entendre leur nom ?

  • d'après Frankenstein et l'oeuvre de Mary Shelley
  • tout public à partir de 15 ans
  • durée : 1h30
  • création 2021
Ne suis-je pas repoussé et haï par tous les hommes ? Toi, mon créateur, tu voudrais me lacérer et triompher de moi ; souviens-t'en et dis-moi pourquoi il me faudrait avoir davantage pitié de l'homme qu'il n'a pitié de moi ?"

- MARY SHELLEY "Frankenstein"

Adaptation et mise en scène Florian Goetz et Jérémie Sonntag Interprétation 3 comédiens (distribution en cours) Scénographie Alice Duchange Création vidéo Elise Passavant (Tankmutation) Création technique vidéo Emilie Villemagne (eMTv) Création lumières Thierry Alexandre Création son Maxime Vincent Costumes Juliette Gaudel Construction décors Demis Boussu Régie lumières Thierry Alexandre ou Florian Huet Régie son/vidéo Maxime Vincent ou Paul Cabel Chargée de production et de diffusion Emmanuelle Dandrel Administration et production Aurore Parnalland - Le petit bureau Production Les arpenteurs de l’invisible Coproduction en cours Aides à la résidence en cours

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